Mon cœur entre tes doigts
Est une orange mûre.
L’Espagne grandit en moi
Au soleil chaud de ton regard.
Porte-moi à ta bouche,
Que tes lèvres me caressent
Et ta langue me dira
Le secret de tes rêves.
Ô mon tendre soleil,
Ô ma douce blessure,
Ma voile sur la mer
Qui déchire le vent,
Toi, le seul horizon bleu
Où je tourne la tête,
Je suis à tes pieds
Ce coquillage nu
Qui offre l’écho de ton nom
Au grand vent de la terre.
Entendras-tu mon chant
Porté par les vagues,
Pour habiller ton corps
Des algues de ma tendresse.
Je viens du pays du silence
Où seul le cœur parle.
Je ne sais plus que dire.
Je n’ai plus de mémoire.
Je suis le sable chaud
Qui attend tes pieds nus.
A qui d’autre que toi,
Pour quel autre visage,
Offrir en calice mes mains
Pour recueillir tes larmes ?
A qui d’autre que toi,
Et pour quel sourire,
Donner à mon voyage
Le seul sens qui vaille,
Toi, pour unique destin
Toi, pour seules semailles ?
Ô mon eau pure,
Ma source vive
Où je me désaltère
Tu coules en moi.
Mes veines sont à toi
Et mon sang est le tien.
Mon coeur déborde.
Plus rien ne le retient,
Ni tes yeux qui se taisent,
Ni ta bouche qui fuit.
Ma vie sans toi deviendrait
Une simple parenthèse
Entre deux arches nues,
Si tu disparaissais,
Si tu n’existais plus.
Ô mon serpent de soie,
Ô ma couleuvre d’ombre,
Tu es venue te glisser
Sous la peau de mes rêves
Et te lover dans mon cœur.
Je te regarde vivre
Comme une belle fleur.
J’ai tant besoin de toi !
Le parfum de ton coeur
C’est l’air que je respire.
Le chemin qui guide mes pas.
D’où je ne peux m’enfuir.
Ta main est un étau
Qui me serre le cœur
Et qui me fait frémir.
Tu transformes en joie
Le sang de ma douleur.
Les mots que j’invente
Ne sont plus que pour toi.
J’en ai tant inventés
Que tu n’as pas su lire !
Ô ma bouche muette,
Ô mon fruit défendu
Que serai-je sans toi
Que ce coeur inutile et nu ?
Ô ma femme charnelle,
La bûche de mon feu,
Je suis fatigué
De toujours rester
L’enfant sage.
Je ne veux pas te perdre.
J’ai besoin de ta voix
Pour me mettre à parler,
J’ai besoin de tes yeux
Pour cesser de rêver.
Ma douce flamme,
Ma chaleur d’été,
Ton sourire empourpre
La soie de mes rêves.
Je t’entends respirer
Comme une fleur qui s’éveille
Un matin de printemps.
C’est ton sang qui s’agite
Dans mon cœur d’hiver.
C’est ton nom à l’oreille
Qui me parle de demain.
T’entendre rire,
Savoir ton cœur en fête,
Etre sûr que tu vives
L’amour que tu veux,
Et la joie, la joie simple
De prendre au fond de tes yeux
Ce peu de toi, ce zeste de douceur
Qui me redonne le goût de vivre.
Mon tendre amour,
Mon âme pure,
Laisse-moi chanter encore,
Laisse-moi chanter toujours
Ces mots que l’on ne trouve plus
Ecrits que sur des parchemins.
Ma mie, ma belle Dame,
Ma flamme de velours
Je retrouve pour toi
L’accent des troubadours,
La voix des poètes anciens.
Quand connaîtrai-je
La chaleur de ta bouche
Pour aller avec toi toujours
A l’abri de la pluie ?
Sois heureuse, mon amour
Et tant pis si je meurs
Lentement sans ta main.
Sois heureuse, mon amie
Pour être toujours belle
Et laisse-moi tisser mes nuits
Avec la laine de mes rêves.
Sans toi, j’ai si froid !
Sans toi, je n’ai plus de chemin !